• Prange, A. P.

Le collectif de travail : peut-il contribuer à la prévention des risques psychosociaux ?

Mis à jour : 24 nov. 2019

Ana Paula Prange [1]


Le collectif de travail peut contribuer à la prévention des risques psychosociaux et à la santé au travail. Nous rappelons que la santé est toujours une lutte, visant à un équilibre temporaire, selon Canguilhem, « une marge de tolérance des infidélités du milieu». Ainsi, dans cette lutte pour la santé, où la normalité est à la portée de la majorité des individus, le collectif de travail y contribue par des voies différentes.


La signification du travail n’est jamais le même pour tous les membres d’une organisation...

Mais elle peut être construit collectivement, à côté d’autres significations produites individuellement. Le collectif de travail peut donner – ou redonner – du sens à des activités qui, du fait de leurs contraintes (et des frustrations qu'elles génèrent), pouvaient contraindre les individus en ce qui concerne leur pouvoir d’agir. Le collectif de travail peut aussi protéger les travailleurs du risque d’aliénation et des angoisses qui se traduisent par des souffrances au travail.


Puisque l’activité ne se déroule jamais selon ce qui est prévu, elle expose les travailleurs au sentiment de frustration, à la peur, au doute à l’égard de leurs propres compétences. Il y a aussi le risque vécu par les travailleurs soumis à une organisation du travail inhumaine et/ou à un dirigeant qui pratique le harcèlement moral. Encore une fois, c’est le collectif qui à travers ses réunions formelles, mais aussi informelles, est l'un des facteurs qui peuvent contribuer à la santé des travailleurs, peut-être même l’un des facteurs les plus importants.


Il s’agit de mettre en lumière les différents rationalités présentes dans les activités de travail.

Le genre professionnel, qui correspond aux règles du métier, les savoir-faire partagés et les gestes liés à l’activité, fournit aux travailleurs la base pour leur identité professionnelle et un sentiment d’appartenance. Il leur donne aussi les outils pour un dialogue plus authentique sur les normes, les valeurs et les défis qui régissent leur activité. Il s’agit de mettre en lumière les différents rationalités présentes dans les activités de travail, ainsi que les micro-décisions prises par les travailleurs lors des situations de travail.


La clinique de l’activité

La clinique de l’activité, dont l’auteur le principal est Yves Clôt, étudie les relations entre la subjectivité et le travail par la voie de l’analyse de l’activité. Elle est inspirée des idées de Vigotski, Bakthin, Ricoeur et d’autres auteurs.


Lors d’une activité empêchée, le pouvoir d’agir est menacé.

Le pouvoir d’agir est l’une des notions centrales de la clinique de l'activité. Il fait référence à l’importance des activités de travail pour la santé psychique et l’accomplissement de soi. Cependant, le pouvoir d’agir n’est pas donné « par la nature». C’est souvent avec, dans ou pour un collectif de travail que ce pouvoir d’agir peut s'exprimer et être mis en place. Lors d’une activité empêchée, le pouvoir d’agir est menacé.


« L’homme capable » (notion ricœurienne) risque de s’amoindrir, voire de disparaître. Ses capacités de faire, de dire, de raconter et d’assumer les conséquences de ses actions sont anesthésiées. Le risque d’aliénation psychique est présent et la santé est atteinte.


Une méthode pour faire sortir de l’ombre l’activité


Lorsque l’activité de travail sort de l’ombre, le collectif peut être reconnu comme un groupe de personnes qui possèdent un métier en commun, qu'ils exercent dans une organisation spécifique. Cette organisation, située dans une culture particulière, soit nationale, soit régionale, présente ses propres règles et contraintes propres. Alors un débat sur ces activités sert à donner du sens aux activités réalisées.


La méthode d’autoconfrontation croisée est une pratique de la clinique de l’activité qui vise à faire prendre conscience de leur activité, des choix qui sont en jeu, ainsi que des petites problématiques qui apparaissent dans les situations de travail vécues. Même si les situations sont souvent vécues individuellement et/ou accompagnées de contenus inconscients, elles affectent directement et indirectement le collectif de travail.


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[1] psychologue et psychothérapeute agréée par l'Agence Régionale de Santé de la Haute Garonne, PhD en Santé publique (Fiocruz, Brésil)

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